Réflexions du fauteuil : irez-vous aux sucres cette année? Bonne chance!
25 03 2009

Hummm! J’ai hâte. J’adore la saucisse à hotdog traditionnelle et sa patate bouillie dans son coulis de sirop. Quel délice.
Le temps des sucres est arrivé. Pendant que le prix d’une can de 540 ml de sirop d’érable coûte 10 $, des centaines de milliers de Québécois vont se rendre à une cabane à sucre pour prendre un repas généralement dégueulasse à 25 $ par personne accompagné d’un verre de vin cheap aussi imbuvable que le repas est immangeable. Avez-vous hâte?
Au cours des deux dernières années, le cours du sirop d’érable a suivi celui de l’or. En 2006, la fédération des acériculteurs avait des entrepôts pleins de sirop invendu. Depuis, les récoltes ont été mauvaises si bien que les entrepôts se sont vidés et que nous vivons maintenant une pénurie. Le fait que 85 % du sirop produit soit exporté n’arrange pas les choses. Est-ce qu’une de nos plus belles ressources naturelles est devenue hors de prix pour la majorité des consommateurs? Je crois que oui. À ce prix-là, bien des familles vont se contenter d’en acheter une fois par année. Alors, pourquoi l’industrie acéricole n’offre-t-elle pas d’autres formats plus abordables comme des conserves de 300 ml ou même de plus petits formats de 200 ml pour une utilisation unique?
Il est temps que cette industrie se mette en mode innovation, pas seulement pour trouver de nouveaux marchés comme le fait avec acharnement et succès la Fédération des producteurs acéricoles, mais surtout pour renouveler son offre aux consommateurs québécois qui sont devenus plus raffinés et exigeants au fil du temps. Au prix que sont rendu le sirop et ses dérivés, je pense que les acériculteurs auraient intérêt à renouveler leur offre particulièrement en restauration dans les cabanes à sucre.
Je ne compte plus le nombre de fois où quelqu’un m’a juré avoir trouvé la perle rare. À chaque fois j’ai été déçu. On sert partout la même tranche de jambon industriel, les mêmes omelettes trop cuites et les mêmes fèves au lard sans lard et sorties directement de la boîte de conserve, sans compter la tarte au sucre, rarement au sirop d’érable, cette espèce de bouillie brune qui essaie de se faire passer pour un dessert. Le tout servi sans assaisonnement pour plaire à tout le monde. Après tout, il suffit d’arroser généreusement cette nourriture insipide de sirop pour la rendre à peu près comestible. D’ailleurs, si vous allez aux sucres cette année soyez prudent. Au prix qu’est rendu le sirop et devant les obligations qu’ont les acériculteurs envers leur fédération, les supermarchés et l’exportation, il ne serait pas surprenant que certaines cabanes vous refilent en douce du faux sirop d’érable comme celui de la famille Bernard qui goûte la même chose, mais qui coûte trois fois moins cher parce qu’il est fait à partir de sirop de riz.

Sauriez-vous faire la différence? Le premier coûte 3,99 $ à l’épicerie, tandis que le deuxième se vend 9,99 $. Êtes-vous 100 % délicieusement naturel biologique ou 100 % pur?
Soyons optimistes, il y a de la lumière au bout du tunnel. Le chef Martin Picard du Pied de cochon vient d’ouvrir une cabane à sucre à Saint-Benoit-de-Mirabel. On dit qu’il y sert une cuisine inspirée de la tradition, mais transformée à sa manière comme il l’a fait à son restaurant de la rue Duluth avec la cuisine québécoise. C’est plus cher, mais c’est sans doute incomparable avec ce qui est servi ailleurs. Espérons que son influence s’étendra à l’ensemble des cabanes de la province.
Si vous connaissez une cabane exceptionnelle qui sort de l’ordinaire, mettez l’adresse dans les commentaires, ça profitera à tout le monde. Merci.
Lien vers le site de la cabane Au pied de cochon : http://www.cabaneasucreaupieddecochon.com/
Lien vers mon autre blogue de caricatures-photos : http://lesbulles.monblogue.branchez-vous.com/
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